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Wayne Thiebaud - Mountain Roads - 2010

Le Néo-Sublime ?

Dans le langage populaire, nous utilisons le mot Sublime pour désigner quelque chose de grandiose, d’impressionnant, de renversant, de « plus que beau ». Dans son acception philosophique, cette notion désigne « une qualité d’extrême amplitude ou force, qui transcende le le beau. Le Sublime est lié au sentiment d’inaccessibilité. Comme tel, le Sublime déclenche un étonnement, inspiré par la crainte ou le respect » nous dit un dictionnaire philosophique. C’est dans cette seconde définition que j’aimerais comparer l’œuvre de Wayne Thiebaud intitulé Mountain Roads, datant de 2010 et Le Col du Saint-Gothard de J.W. Turner peinte entre 1802 et 1804.

Le Col du Saint-Gothard de J.W. Turner - 1802

Comprendre un mouvement artistique

Le sujet, une route de montagne, est traité avec le même point-de-vue par les deux artistes : le spectateur est placé sur un espace vide, sans aucun repère de premier plan, face à des falaises escarpées. La perspective est double avec une vue plongeant dans le vide et une autre en contre-plongée vers les sommets rocheux. Cette double perspective provoque une dualité de sentiments. Lorsque notre regard se promène sur la corniche de Thiebaud et sur le chemin du col de Turner, nous pouvons ressentir tant un vertige en raison du vide qu’une fascination pour la hauteur des montagnes représentées. Ces deux ressentis se conjuguent, voire se démultiplient, nous entrainant vers une tension. C’est justement cette tension qui compose, selon Edmund Burke, le sentiment du Sublime : Le Sublime est caractérisé par sa capacité à tendre les nerfs de celui qui en fait l’expérience. Le philosophe explique que le Sublime produit une tension, une contraction ou une émotion violente des nerfs nous dit E. Burke.

Mais cette émotion est encore amplifiée chez le peintre américain par la dilution de la mimèsis (imitation). Si le sujet est encore reconnaissable, son traitement presque abstrait diminue nos repères et nous plonge dans un monde de formes abruptes et lisses sur lesquelles notre regard ne peut que glisser.

Et si l’on a envie de coller une étiquette, d’inventer un nouveau courant artistique, on pourra toujours dire que Thiebaud a inventé le Néo-sublime ? Qu’en pensez-vous ?

Wayne Thiebaud - Mountain Roads - 2010

À vous de déterminer le courant artisitque !

La prochaine fois que vous serez face à une œuvre, essayez de définir dans quel courant pictural elle s’inscrit et pour quelles raisons.

Et pour compléter votre connaissance des mouvements picturaux, procurez-vous le décodeur d’art sur la boutique en ligne.

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